lundi 20 avril 2020

Poème pour tenir le coup . 7

Poème pour tenir le coup .7
(envoi de Jacques Fournier)
 
 
A la suite du poème de Tanella Boni, que choisir ? Le chemin ? L'horizon ? Le chant ? l'aube du départ ?
Je m'arrête sur le chemin, pour avoir croisé celui de Yves-Jacques BOUIN il y a de cela une trentaine d'années mais aussi ce soir, dans son recueil Je crois que tout n'est pas fini je vole, éd. Rhubarbe, 2014.
 
 
Le chemin n'est pas marché
Mais respiré
La succession des pas dans l'herbe
Serait juste un murmure
Le pas ne fait plus partie de la progression
Sur le chemin
Il n'y a que l'immobilité
A grande vitesse
Qui dessine un visage dans un paysage
Dans un pays dans un passage
Sur une page et que vous tournez
Je vois sous mon corps ce qui respire
Est-ce vous
Le déplacement est inviolable
Etendu comme deux ailes
Ici ou là peu m'importe
Je n'en suis pas
Même dans le poème
J'inhabite
Je suis présent comme l'évidence
Mais personne ne me voit
Je ne suis même pas soupçonné
D'être là
J'inhabite
Vous
Êtes
La mésange dit : tsi tsi tsi tsi
A tire d'aile
Une cloche du soir élague les bruits
J'inhabite
Je crois que tout n'est pas fini
Je vole
 
Au moment de finir la saisie de ce poème, l'angélus du soir sonne au clocher de l'église du Tremblay-sur-Mauldre.
 
Comédien, metteur en scène, lecteur et poète. Yves-Jacques Bouin est tout cela. Il s'est aussi occupé pendant des années de programmations littéraires à Dijon (où il réside) et en Bourgogne.
J'ai eu le bonheur de publier en1997 ce qui fut, après une fine plaquette au Pré de l'âge, son premier recueil de poésie : Une Passée de paroles, depuis réédité aux éditions Mazette, par l'ami Gilles Cheval.
Il fut aussi, à de nombreuses reprises, de l'aventure de la Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines et des Itinéraires poétiques.
 
N'hésitez pas à faire circuler ce message. Plus la poésie sera lue, mieux le monde s'en portera !

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